Origine

Grégory était notre petit garçon, notre petit ange, toujours sage et heureux, aimant et souriant.

11 années séparaient notre fille aînée de son petit frère. Comme on l’avait vu à la télévision, nous savions que les orphelinats roumains regorgeaient d’enfants abandonnés dans des conditions désastreuses. Nous avions l’intention d’adopter un enfant Roumain de l’âge de Grégory qui deviendrait un compagnon de jeux, un frère à qui l’on pourrait apporter affection et attention.

Mais le destin a fait basculer nos vies.

Par un bel après-midi d’été, le 18 août 2000, au bord des champs de blé, Grégory & Didier, deux amis inséparables de 9 ans, ont été victimes d’un accident de la route.

Nous étions perdus, tout s’écroulait.

Plus question d’adoption, on ne pouvait pas imaginer qu’un autre enfant de cet âge vienne prendre la place de notre fils.

Le 9 septembre de cette même année, un voyage humanitaire partait en Roumanie et nous proposait de les accompagner pour estomper un peu notre chagrin.

Le 9 septembre était le jour de l’anniversaire de Grégory. On y voyait un signe et Géraldine et moi, nous sommes embarquées.

Nous sommes cinq à partir avec Martin, animateur de jeunesse et fondateur d’Inter’Est (échanges et coopération pour la jeunesse), Nathalie, secrétaire de la même association, personne magique, très chaleureuse, avec une soif d’entraide et de paix (elle s‘est déjà investie dans de nombreux programmes humanitaires), Gérard, architecte, rempli d’humour, de joie de vivre et de bonté.

Nous réalisons que notre petite équipe est bien ajustée, bien complète et que nous partons dans le même état d’esprit : apporter de la chaleur, de la charité, de l’aide physique, psychique et matérielle.

Grégory et Didier
Dans le train entre Bucarest et Iasi - 9 septembre 2000

Nous nous rendons à Iasi, grande ville roumaine, située au nord-est, à la frontière de la Moldavie. C’est la partie la plus pauvre du pays.

Arrivés sur place, nous visitons des orphelinats. Nous partageons les difficultés des directeurs qui n’ont pas grand-chose à offrir à tous ces enfants abandonnés par des parents trop pauvres pour les nourrir, trop pauvres pour les soigner. C’est l’horreur, jamais nous n’aurions pu imaginer tant de pauvreté, tant de maladies, tant de souffrance. Et pourtant, d’après nos compagnons, c’est déjà bien mieux qu’avant.

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