Quelques exemples de parrainages
Angelica
Quand nous avons revu notre petite Angelica au printemps 2006, sa maman nous a demandé d’aller voir la maison dans laquelle ils habitaient, dans un village situé à une trentaine de km de Iasi. Angelica qui souffre d’incontinence dû à une opération qui a mal tourné, vit dans une maison sans chauffage, sans isolation, sans eau courante, ni électricité. L’eau qui s’écoule du toit, rend toute l’habitation si humide que le vieux canapé sur lequel nous avions pris place était trempé. Comme bien d’autres Roumains que nous côtoyons dans cette région occidentale, la plus pauvre de Roumanie, ils ne mangent pas à leur faim.
Angelica, sa sœur et sa maman.
A chacune de nos visites, nous passons un peu de temps avec nos protégés Groupe d’étudiants handicapés. Il faisait froid, mais nous étions
si heureux d’être ensemble que la chaleur qui nous habitait
Daniel Dumitriu
un autre exemple, est un de nos anciens filleuls roumains handicapé moteur. Il a beaucoup de peine à se déplacer sur ses jambes affaiblies. Il a été parrainé durant 4 ans et maintenant il se débrouille tout seul. En 2006, avec son amie, il a reçu une bourse pour aller en Allemagne passer un Master en informatique dans le programme spécial de l’Institut Max Planck. Grâce aux études qu’il avait suivies dans son pays, il parlait déjà très bien l’anglais et le français. Maintenant il parle aussi l’allemand, ce qui lui ouvre d’autres horizons malgré son handicap assez lourd. On lui offre des places de travail à Sarrebruck et à Zurich.
Costi
un autre de nos étudiants handicapé au bras droit, a été sélectionné pour participer aux championnats du monde pour handicapés se déroulant en Allemagne. Il y a obtenu diverses médailles et il si très fier de nous en parler que ses yeux pétillent de joie.
Florin
est un enfant de 9 ans, leucémique. Il est si beau et si gentil. Son regard tout bleu est franc, doux et confiant. Il est certain de guérir. Le frère de Florin est sourd et suit une école spécialisée. Bien que les soins pour Florin soient gratuits, le soutien de l’état roumain est si minime qu’il ne permet pas à la famille de subvenir aux dépenses nécessaires, tel que le loyer et la nourriture. Là-bas, les pauvres ne peuvent pas souscrire d’assurances qu’ils ne pourraient payer, d’autant plus qu’en cas d’hospitalisation, beaucoup de médecins sous-payés, ne soignent que les malades qui paient.
Dana
notre handicapée poète, vend ses livres de poèmes que l’association a édités pour elle en français et en roumain, au prix de Fr. 20.- pièce. L’intérêt que vous porterez à ces éditions lui permettra d’en éditer d’autres et rendre son quotidien moins tragique. Elle habite dans une petite chambre d’un hôpital psychiatrique, car il n’y a pas de place pour elle ailleurs. Comme elle ne peut bouger que sa tête, ses poèmes jaillissent de ses lèvres et une des infirmières écrit pour elle.
Nous vous avons parlé ici que d’une infime partie de nos filleuls. Nous voulions simplement témoigner un peu de cette pauvreté inimaginable pour nous. Sans s’être rendus sur place, sans avoir vu de ses propres yeux ce qui se passe en Roumanie, on ne peut y croire.
Les enfants naissent dans la rue ou dorment dans les souterrains, les familles vivent sous les ponts ou dans des maisons insalubres. Le chauffage, l’eau et l’électricité sont des denrées rares. Ceux qui ont un toit, habitent dans une seule chambre, servant de cuisine, de chambre à coucher et de salon. En ville, les locataires se partagent l’unique salle de bain et les toilettes disposées à chaque étage. A la campagne, les salles de bain n’existent pas et s’il y a des toilettes, elles se trouvent à l’extérieur.
Si vous saviez comme ils ont besoin de notre aide. Quelques francs par mois suffisent souvent. Tous les mois, nous virons le montant des parrainages par l’intermédiaire de l’Association Civitan, présidée par Iustina Zaharia. Cette femme extraordinaire qui n’a jamais une minute pour elle, mais tant de temps pour les autres, dégage une énergie hors du commun et arbore un sourire constant. C’est elle, qui chaque mois rencontre chacun de nos filleuls, pour aller payer ce qu’il doit avec le montant alloué ou faire les courses. Ainsi, nous contrôlons que l’argent soit utilisé à bon escient. Ce n’est qu’une infime partie de ses activités bien entendu, car elle enseigne à mi-temps à l’université et fait partie du conseil d’administration d’Emmaüs.
À Bucarest, c’est toujours Cristina Anglitoiu qui est notre port d’attache. Elle aussi donne tout son temps pour aider les autres et trouver les moyens pour que l‘esprit roumain évolue et que le ministère où elle travaille, les autres ministères ou les services sociaux puissent améliorer leurs prestations envers les plus défavorisés physiquement ou financièrement. Quelle grande dame !

